Certaines n’avaient jamais vu la mer PDF

Un bec pointu et puissant finit leur victime sans défense avec une efficacité inquiétante.


Les voix et les vies que Julie Otsuka décrit ici sont celles de ces Japonaises venues, au début du XXe siècle, épouser, aux Etats-Unis, un de ces hommes qui font arriver par paquebots entiers ces femmes choisies « sur catalogue ». D’eux, elles ne connaissent que des photos et des C.V. truqués, et se retrouvent souvent face à des maris brutaux qui les traitent en esclaves. Plutôt que de s’attacher à un destin unique emblématique des autres, Julie Otsuka opte pour de multiples voix qui racontent, tel un chœur antique, la tragédie de toutes et de chacune : leur misérable vie d’exilées, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, le racisme des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine… Puis le grand choc de la guerre. Et l’oubli.

Lectrice pour Audiolib du Journal d’Anne Frank, Irène Jacob a le goût des textes porteurs de sens, et de mémoire. Elle donne aujourd’hui une voix d’une rare densité à ces femmes qui évoquent dans le beau roman de Julie Otsuka leurs vies confisquées par l’Histoire.

La différence est que les serpents de mer sont les seuls reptiles vénéneux qui peuvent décider s’ils veulent éjecter le venin ou non, contrairement au serpent terrestre que tous les moyens le font. Je nageais avec mon neveu dans un bras, mon beau-frère nous a aidés à aller encore plus loin et à nous sauver nous-mêmes. Quand la palourde fut ouverte, et la viande grattée, le chef local vit quelque chose de merveilleux: une perle massive, son lustre comme du satin.-}